À l’ère du numérique, la protection des données personnelles n’est plus un simple enjeu technique, mais un véritable défi pour les droits humains. C’est dans ce contexte que s’est tenu, ce mercredi 15 octobre au siège de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), un atelier de partage d’expériences et de renforcement de la collaboration entre la CNDH et l’Instance de Protection des Données à Caractère Personnel (IPDCP).
Cette rencontre a réuni les représentants des deux institutions, des membres du personnel et des experts, dans une dynamique de dialogue et de construction commune d’un cadre de coopération renforcée. Dans son discours d’ouverture, Me Kwao Ohini SANVEE, président de la CNDH, a insisté sur l’importance d’une réponse institutionnelle concertée face aux menaces nouvelles liées à l’environnement numérique « Dans un monde de plus en plus numérisé, la protection des données à caractère personnel s’impose comme un défi majeur pour la préservation des droits humains », a-t-il affirmé. Il a rappelé que les avancées technologiques, bien qu’apportant des opportunités considérables, « exposent également nos concitoyens à des risques de violation de leur vie privée, de cybercriminalité, de surveillance abusive et de profilage injustifié ».
Le président de la CNDH a souligné la convergence des missions des deux institutions : « La CNDH et l’IPDCP ont tout intérêt à unir leurs forces pour offrir aux citoyens togolais une protection renforcée et adaptée aux défis de l’ère numérique », a-t-il déclaré, avant de saluer « l’engagement de toutes les parties prenantes » et « la disponibilité » des collègues de l’IPDCP. L’atelier avait pour principal objectif de clarifier les mandats respectifs de la CNDH et de l’IPDCP, tout en explorant les possibilités de collaboration concrète. La signature d’un mémorandum de partenariat a marqué l’un des temps forts de la journée, posant les bases d’une coopération structurée entre les deux institutions.

Ce partenariat vise notamment à coordonner les actions en matière de sensibilisation à la protection des droits numériques, renforcer les mécanismes de plainte et de recours, échanger des informations pertinentes pour mieux détecter et prévenir les violations de droits en lien avec les données personnelles. Outre les travaux techniques et institutionnels, l’atelier a aussi mis en avant le rôle essentiel de la sensibilisation du public. Les citoyens, souvent peu informés sur leurs droits numériques, doivent être outillés pour faire face aux défis croissants liés à la surveillance, à la collecte massive de données ou aux usages abusifs des technologies.

Cet atelier s’inscrit dans une dynamique salutaire de mise en synergie des institutions nationales pour garantir une meilleure protection des droits fondamentaux à l’ère numérique. La collaboration entre la CNDH et l’IPDCP, si elle est poursuivie et renforcée, pourrait bien devenir un modèle de gouvernance des droits humains dans le contexte technologique actuel.
Blandine bikassam.