Les manifestations contre le pouvoir malgaches prennent de plus en plus d’ampleur. La pression populaire de samedi 11 octobre à Antananarivo est la plus importante depuis le début du mouvement. Des militaires ont décidé de se joindre aux manifestants, et une unité de l’armée, le Capsat, a appelé à la désobéissance pour protéger les civils. La pression monte encore sur le président Andry Rajoelina.
Les plus hauts gradés du commandement de la gendarmerie nationale ont pris la parole dans une allocution filmée et diffusée sur les réseaux sociaux. Très critiqués pour leur usage de la force envers les manifestants, les responsables reconnaissent certains abus au sein de leurs troupes et affirment avoir pris des mesures à cet effet. « Nous sommes là pour protéger et non pour terroriser », assurent-ils.
Des groupes de soldats ont rejoint le cortège dans les rues d’Antananarivo, et un contingent de l’armée malgache a appelé à « refuser les ordres de tirer » sur les manifestants. Dorénavant, « les consignes et ordres émaneront uniquement du siège du commandement de la gendarmerie nationale ». L’enjeu désormais, c’est de voir si l’appel lancé hier par un groupe de militaires de l’armée de terre, à désobéir aux ordres sera suivi, et par qui.
La pression monte sur le président Andry Rajoelina. Ce dimanche 12 octobre au matin, le président malgache dénonce dans un communiqué une « tentative de prise du pouvoir illégale et par la force », contraire à la Constitution et aux principes démocratiques. Impossible pour l’heure de savoir où se trouve exactement le président de la République, Andry Rajoelina. La présidence appelle les forces vives de la nation à faire bloc pour « défendre l’ordre constitutionnel et la souveraineté nationale ».

De son côté, la Gen Z a appelé une nouvelle fois à manifester dans les rues de la capitale.
Depuis le 25 septembre, des manifestations secouent Madagascar, portées notamment par le collectif Gen Z. La colère contre les coupures d’eau et d’électricité s’est muée en fronde plus large contre le pouvoir. Le président de la République, Andry Rajoelina, 51 ans, est très contesté par les manifestants. Ses consultations menées ces dernières semaines en marge des manifestations n’ont pas calmé la colère. La Gen Z, hostile au président Rajoelina, attend sa démission, ainsi que celle du président du Sénat.
Source RFI.