La présidence du Nigeria confirme, dans un communiqué, avoir mené des frappes aériennes à Cotonou et déployé des troupes au sol, à la demande de son voisin béninois, pour notamment « sauvegarder l’ordre constitutionnel » et contrer une tentative de putsch.
Dans une note, la présidence du Nigeria indique que le chef de l’État, Bola Tinubu, a ordonné que des avions de combat entrent dans l’espace aérien béninois pour aider « à déloger les putschistes de la télévision nationale et d’un camp militaire où ils s’étaient regroupés », ainsi que le déploiement de troupes au sol « désormais au Bénin ».
Une douzaine de mutins ont été arrêtés tôt dimanche. Les putschistes proviennent principalement de la Garde nationale, du moins ceux identifiés à la télévision. Ils se sont retranchés dans un camp militaire à Togbin, en périphérie de Cotonou.
Les militaires avaient formulé des revendications à la fois politiques, sociales et militaires. Ils dénonçaient notamment la dégradation persistante de la situation sécuritaire dans le nord du pays et l’abandon, selon eux, de leurs frères d’armes tombés au front.
Au matin, des tirs ont été entendus près dans la zone du port et de la présidence. Dans la journée, le signal de la chaîne publique Bénin TV a brièvement cessé de fonctionner avant de reprendre. Le ministre de l’Intérieur béninois, Alassane Seidou, avait ensuite invité « les populations à vaquer normalement à leurs occupations ». En fin d’après-midi, de très fortes détonations ont été entendues pendant de longues minutes dans les quartiers de Fidjrossè et de Togbin.
Cette tentative de putsch intervient à quatre mois de l’élection présidentielle, à laquelle Patrice Talon ne se représente pas. Dimanche soir, de nombreuses interrogations demeurent. Pourquoi maintenant, à quelques mois d’une présidentielle ouverte ?
La rédaction