Le Togo a franchi, Il y a dix ans, un cap historique en adoptant la loi n° 2019-014 relative à la protection des données à caractère personnel, acte fondateur de l’Instance de Protection des Données à Caractère Personnel (IPDCP). Célébrée ce 29 octobre 2026 à Lomé, cette première édition des Journées Nationales de Protection des Données Personnelles met en lumière le chemin parcouru.
cette célébration a rassemblé de nombreuses délégations africaines (des autorités de protection des données du Bénin, du Mali, du Sénégal et l’ancienne présidente de la CIL du Burkina Faso, Dr Halguièta Nassa Traoré, en visioconférence) venues partager leurs expériences, confirmant que la coopération internationale est devenue indispensable face aux flux transfrontaliers de données. Une rencontre placée sous le thème : “Protection des données personnelles et souveraineté numérique : quels enjeux et perspectives pour l’Afrique ?”
Entre Digitalisation et Souveraineté : Le Nouveau Visage des Enjeux
Si l’Afrique s’est résolument engagée dans la voie de la numérisation (identités biométriques, paiements mobiles, e-gouvernement), une question fondamentale demeure : où sont hébergées nos données et par qui sont-elles traitées ?
Lorsque les informations des citoyens, des agriculteurs et des entreprises africaines sont stockées sur des serveurs hors du continent et soumises à des algorithmes étrangers échappant à tout contrôle local, la souveraineté numérique des États se trouve menacée.
Le président de l’IPDCP a identifié trois enjeux : la confiance des citoyens dans les services numériques publics, les garanties juridiques et techniques, et la nécessité d’un combat collectif.
Les présidents invités ont abondé dans le même sens, plaidant pour une coopération régionale Pour Maître Luciano Houkponou, président de l’Autorité de Protection des Données du Bénin :
“La protection des données ne constitue ni un obstacle à l’innovation, ni une contrainte administrative. Elle représente une condition essentielle de la confiance numérique. Derrière chaque donnée, il y a un individu.”
Il a plaidé pour une souveraineté numérique fondée sur la confiance, le renforcement des cadres juridiques et la coopération régionale
Vers un Modèle Africain de Gouvernance des Données
Pour répondre à ces défis, les responsables misent sur trois piliers majeurs :
La Confiance : Garantir l’adhésion des citoyens aux services numériques en luttant contre le vol et l’utilisation abusive des données personnelles.
L’Économie : Valoriser les données locales en encourageant l’émergence de data centers performants et de start-ups respectueuses du droit africain.
La Géopolitique : Consacrer le droit à la protection des données comme un droit fondamental inaliénable à travers l’application des conventions continentales telles que la Convention de Malabo.
En conclusion, comme le souligne l’institution de régulation, faire de la protection des données non pas une barrière, mais le passeport de notre souveraineté numérique, est la clé pour bâtir un écosystème robuste et résilient en Afrique.
SD.