NAIROBI / LAMU – Une étape stratégique a été franchie sur le continent avec la cérémonie officielle de pose de la première pierre de la raffinerie de pétrole de Lamu, en terre kényane. Cet événement majeur a réuni plusieurs figures de proue du continent, illustrant une volonté commune de renforcer l’indépendance énergétique et la coopération économique interafricaine.
Un symbole de transformation et d’autonomie
Prenant la parole lors de la cérémonie, le représentant du Togo, le président Lucien Sanvee de Tové, a souligné l’importance de cette initiative, la qualifiant de « symbole rassurant d’une Afrique qui se tourne vers elle-même ». En renonçant à la simple exportation de ses matières premières brutes au profit de la transformation locale, le continent pose les jalons d’une réelle maîtrise de ses ressources.
« Chaque baril exporté sans être raffiné est une part de souveraineté abandonnée », a-t-il affirmé, rappelant que les richesses du sous-sol africain doivent avant tout servir à alimenter le tissu industriel local et à faire de l’énergie un levier d’indépendance.
Un partenariat public-privé panafricain
Au-delà de son impact industriel, le projet Lamu Oil Refinery incarne un modèle de coopération concrète entre l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique de l’Est. L’initiative repose sur une synergie stratégique entre le secteur public et le secteur privé, portée par des capitaux africains.
Un hommage appuyé a été rendu au président kényan William Ruto pour son engagement et sa détermination à surmonter les obstacles du projet, ainsi qu’à l’industriel Aliko Dangote, président du Groupe Dangote. Qualifié de « panafricaniste à succès », ce dernier continue de déployer une vision stratégique axée sur la création de valeur et la réponse à la demande future du marché africain. Après la méga-raffinerie de Lagos au Nigeria, cette nouvelle infrastructure au Kenya devrait contribuer à propulser le chiffre d’affaires consolidé du groupe au-delà des 100 milliards de dollars d’ici 2030.
Impact économique et perspectives régionales
La raffinerie de Lamu est appelée à transformer en profondeur le secteur énergétique du Kenya et de la sous-région :
Sécurisation de l’approvisionnement : Stabilisation des prix et garantie d’un accès continu aux produits pétroliers.
Réduction de la dépendance : Baisse significative des importations de produits raffinés au profit d’une chaîne de valeur nationale et régionale.
Pôle structurant : Renforcement de l’intégration économique de l’Afrique de l’Est.
En soutenant activement ce modèle, les dirigeants présents ont réaffirmé leur engagement envers la souveraineté énergétique et le développement durable au bénéfice des populations continentales.
SD.